Une Eglise en sortie, vue par l’abbé Robert Scholtus

img_0076Invité par le service « Eglise pour le monde », l’abbé Robert Scholtus a donné ce dimanche 9 octobre 2016 une conférence à Metz sur le thème : « Pour une Eglise en sortie ». Morceaux choisis.

Reprenant une thématique bien présente dans les écrits du pape François, la conférence de l’abbé Robert Scholtus portait sur son invitation une citation de l’encyclique Gaudium Evangelii : « Au lieu d’être simplement une Eglise qui accueille, efforçons nous d’être une Eglise qui trouve de nouvelles routes, qui est capable de sortir d’elle-même… » Cela fut repris par l’intervenant en trois parties : Qu’est-ce qu’une Eglise en sortie ? Comment sortir ? Avons-nous les moyens de vivre ce mouvement ?

Dans un premier temps, l’abbé Scholtus a explicité à partir des textes conciliaires et du pape François comment l’Eglise faite d’abord pour apporter l’Evangile du salut au monde. Le texte Ad Gentes montre que l’Eglise est par nature missionnaire. De là découle l’urgence de l’annonce de la Bonne Nouvelle, qui nécessite la patience de l’évangélisateur. « Au lieu d’être une Eglise qui accueille, inventons de nouvelles routes pour sortir » dit le pape. Ce que reformule autrement l’orateur : « Au lieu d’attendre des clients qui ne viendront pas, inventons des nouveaux chemins pour aller vers eux. Sortons de nos habitudes, de nos traditions disparues. Il nous faut innover, non pas pour nous adapter au monde moderne, mais par fidélité à l’éternelle jeunesse du Christ« .

Comment sortir ? Pour l’abbé Scholtus, il faut sortir du jargon de la tribu où l’on répond à des questions que personne ne se pose pour entrer en conversation selon la belle expression de Paul VI dans Ecclesiam suam : « l’Eglise se fait dialogue, l’Eglise se fait conversation ». C’est bien l’exemple donné par le pape François dans l’élaboration de l’encyclique Laudato Si’ ou dans le processus synodal autour de la famille. Il faut sortir de nos postures de réactions pour entrer dans une démarche de proposition dans le débat public. L’Eglise doit aussi sortir de son quant-à-soi, de l’entre-soi pour s’ouvrir vers les périphéries existentielles. Le conférencier voit trois « zones franches » où rejoindre les contemporains : la zone franche de la solidarité où se rencontrent ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas. La zone franche de la culture qui permet des échanges entre personnes habités par des recherches de sens, de beauté. La zone franche de la spiritualité où l’héritage chrétien si riche à tant à apporter à tous les chercheurs de sens. Une part importante de la population française reste attachée à la transmission de l’héritage chrétien même si ces personnes ne pratiquent plus régulièrement. A nous de savoir dialoguer, converser et les accueillir.

Avons-nous les moyens de sortir ? En d’autres termes, nos communautés chrétiennes sont-elles assez croyante pour proposer la foi, assez intelligentes pour pouvoir dialoguer ? Dans une société où le catholicisme est flottant, du fait de la très grande diversité d’appartenance des catholiques et dans un univers marqué par la mobilité, il est difficile de tenir une Eglise présente partout sur les territoires. Comment passer d’une logique d’encadrement et de quadrillage territorial à une structure missionnaire, où les paroisses sont avant tout des lieux de passage. Cela exige donc des passeurs, des personnes prêtent à prendre la route pour rejoindre la brebis perdue. Ces passeurs, ces marcheurs, ce sont les laïcs, responsables de l’évangélisation aujourd’hui. « En allant vers les autres, nos communautés retrouveront leur raison d’être. »

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