Lettre pastorale : Pour une Eglise de disciples-missionnaires

visuel let pasto sept16Ce jeudi 1er septembre 2016, Mgr Jean-Christophe Lagleize, évêque de Metz, publie une nouvelle lettre pastorale à l’intention des catholiques, des prêtres et acteurs pastoraux de Moselle, portant comme titre : « Pour une Eglise de disciples-missionnaires ». Celle-ci paraît dans la revue Eglise de Metz de septembre 2016.

Cette lettre a été élaborée à la suite des visites pastorales effectuées durant l’année scolaire 2015-2016 dans tous les archiprêtrés du diocèse. Elle indique de « partager un certain nombre de constats » et « d’identifier quelques chantiers à travailler dans les mois ou les années à venir ».

L’objectif principal : être missionnaire

Le souhait de l’évêque est de mettre l’Eglise de Moselle en état permanent de mission, afin de proposer la foi de manière large et diversifiée. Il encourage les acteurs pastoraux à sortir des habitudes acquises, afin d’élargir les propositions de la foi, en s’inspirant de la démarche du catéchuménat des adultes, en cherchant à inventer des propositions avant et après les sacrements de la communion et de la confirmation, en poursuivant la mise en œuvre du Projet global de catéchèse.

Favoriser la rencontre du Christ, la prière et la mission
De manière plus générale, la lettre rappelle le but de l’annonce de la foi : favoriser une rencontre avec le Christ. Pour cela, l’évêque souhaite que se multiplie les initiatives et lieux de prière, que les acteurs pastoraux puissent bénéficier de temps de recollection, que soient mieux valorisés le patrimoine de nos églises, les lieux de pèlerinages et les fêtes patronales.

Développer la collaboration prêtres-laïcs
Il appelle les acteurs pastoraux à amplifier le travail de collaboration, sans hésiter à associer plus de bénévoles dans les différents champs de la mission. Il aspire à ce que les Equipes d’animation pastorale entrent dans une perspective plus missionnaire. Il lance aussi un appel pour que soit confiés aux jeunes des responsabilités au sein des communautés.

Repenser la formation, la lecture de la Parole et l’organisation territoriale
Tout ceci exige une réflexion accrue sur les actions de formation à mettre en œuvre, tant sur la formation initiale que la formation continue des acteurs pastoraux. L’évêque annonce son souhait de relancer une lecture continue de la Parole de Dieu, avec le livre de Michée pour cette rentrée 2016 puis l’évangile de saint Jean en 2017. La réalité géographique des archiprêtrés actuels exige une réflexion pour « repenser le territoire en vue de la mission ». Celle-ci sera lancée par les travaux du Conseil presbytéral.

Redynamiser la dimension caritative à l’occasion des 110 ans de la Caritas Moselle
L’évêque annonce enfin son souhait que l’année de la miséricorde soit l’occasion de renouveler l’organisation et le fonctionnement de la Caritas-Moselle qui fête ses 110 ans. Dans ce but, une journée festive est organisée à la Maison diocésaine de Metz le 30 septembre prochain à partir de 16h.

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Retrouvez le texte intégral de la lettre pastorale dans Eglise de Metz de septembre 2016. Des exemplaires tirés à part ont été réalisés pour une large mise à disposition des acteurs pastoraux, membres des EAP et des Conseils de fabrique. On peut les demander auprès de l’accueil de l’évêché de Metz (03 87 74 54 20).

Texte de la lettre pastorale « Pour une Eglise de disciples-missionnaires »

Durant cette année pastorale 2015-2016, j’ai eu la joie de vivre avec vous ma première visite pastorale et de m’arrêter dans chaque archiprêtré du diocèse. Je souhaite remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont contribué à son organisation et à sa réussite.

Ces journées, bien que trop courtes, ont été riches en rencontres : prêtres, diacres et animateurs laïcs en pastorale (ALP), membres de conseils de fabrique et équipes d’animation pastorale (EAP), laïcs engagés, hommes et femmes engagés avec passion dans leur profession, élus heureux de me présenter la réalité économique et sociale de leurs communes et communautés de communes.

L’eucharistie célébrée en fin d’après-midi a été un moment fort d’action de grâce pour toute l’œuvre que le Seigneur réalise à travers nous. De nombreux fidèles se sont réunis à cette occasion, faisant de ce temps un moment intense de communion et de joie.

Grâce au travail avec les équipes d’archiprêtré et les équipes d’animation pastorale, ainsi qu’aux visites de réalités économiques, sociales et culturelles de la Moselle, j’ai pu faire un premier état des lieux de la vie pastorale du diocèse de Metz, tout spécialement dans le domaine de l’annonce de la foi.

Je souhaitais en effet faire le point sur la mise en œuvre du Projet Global de Catéchèse et des préoccupations que j’évoquais dans ma lettre pastorale du 4 octobre 2014.

Au début d’une nouvelle année pastorale, je souhaite vous partager un certain nombre de constats concernant l’annonce de la foi en Moselle, insister sur quelques impulsions qu’il est urgent de favoriser dans nos communautés pour les rendre plus missionnaires et identifier quelques chantiers qu’il nous faudra ouvrir et travailler dans les mois ou les années à venir.

 

L’ANNONCE DE LA FOI EN MOSELLE : DE BEAUX FRUITS DEJA RECOLTES

 ET DES BOURGEONS POUR L’AVENIR

 Le Projet Global de Catéchèse et ma lettre pastorale d’octobre 2014 invitaient nos communautés paroissiales à se mettre en état de mission, à renouveler leur pastorale pour mieux tenir compte du contexte nouveau dans lequel la joie de l’évangile est à vivre.

 Sortir de nos habitudes pour vivre la joie de la mission

 Je constate que, dans les communautés de paroisses où cette orientation voulue par les évêques de France est comprise et accueillie, de belles initiatives naissent, des chemins de foi nouveaux sont possibles à tout âge et la communauté chrétienne s’en trouve renouvelée. J’ai eu la joie de découvrir que des innovations dans les paroisses existent et portent du fruit.

Mais force est de constater qu’il existe de nombreux lieux où cet enthousiasme à proposer la foi à des enfants, des jeunes et des adultes est peu visible et peu développé.

Le champ de la mission en Moselle a été bien ensemencé. Mais, alors qu’aujourd’hui notre département est aussi marqué par la sécularisation, il y a un risque à ne perpétuer que des habitudes héritées d’une période où la foi imprimait fortement les réalités sociales. Ce riche héritage chrétien n’est en rien à dénigrer. Mais perçoit-on aussi le dynamisme offert par ces dernières décennies ? Cet élan nous invite à écouter ce que l’Esprit saint dit à notre église diocésaine pour que chaque baptisé devienne disciple missionnaire aujourd’hui et demain.

Il nous faut accepter de mettre notre église en état permanent de mission et prendre le temps de nous laisser nous-mêmes renouveler dans notre attachement au Christ et à son évangile. Ces conversions, que nous avons à vivre dans nos communautés, commencent par nous-mêmes, pasteurs et fidèles engagés.

La catéchèse est encore trop souvent limitée aux sacrements de la communion et de la confirmation. Nous mettons beaucoup d’énergie dans l’accompagnement des enfants et des jeunes à ces moments, mais nous investissons peu l’avant et l’après-sacrement. Il est indispensable de faire naître, à l’initiative des paroisses ou des mouvements, des lieux de vie chrétienne, et des initiatives en tous genres. N’ayons pas peur de nous appuyer sur le bénévolat pour mener à bien ces actions !

Le but de l’annonce de la foi est de favoriser une rencontre avec le Christ

N’évaluons pas nos actions sur la quantité des participants, mais sur la qualité de la relation que nous avons avec les personnes qui croisent notre route.

Que donnons-nous à voir de notre engagement à la suite du Christ ? Comment appelons-nous à devenir disciple-missionnaire à la suite de Jésus-Christ ? Recherchons-nous des personnes pour faire fonctionner nos structures ecclésiales ou les appelons-nous à rencontrer Jésus Christ et à porter avec elles les joies et les difficultés de la mission ? Sans cette dimension spirituelle, nos projets et nos propositions pastorales perdent leur sens et ne sont envisagés que sous l’angle de la rentabilité. Or, le Seigneur nous aide à poser un regard de foi sur ce qui naît, à développer une culture de l’émerveillement, à accepter la nouveauté.

L’expérience joyeuse du catéchuménat est de plus en plus partagée dans le diocèse. Elle permet à toute la communauté de se laisser renouveler dans sa propre foi. Que toute notre pastorale prenne modèle dans l’expérience d’accompagnement des catéchumènes ! De nouvelles demandes de confirmations viennent aujourd’hui à tout âge ! C’est une joie pour les communautés chrétiennes de se laisser raviver dans leur foi par l’accompagnement de nouvelles personnes sur le chemin de l’initiation chrétienne ! Le Christ nous attend et nous conduit sur ce chemin de vie et de communion profonde avec le Seigneur. Nous ne pouvons que rendre grâce pour les personnes, jeunes ou moins jeunes, qui se laissent transformer par la foi et témoignent de l’Esprit à l’œuvre dans les cœurs.

 Travailler ensemble

 Notre diocèse abonde d’initiatives en tous genres qui témoignent de la richesse de l’engagement de tant de personnes. Mais parfois ces initiatives restent locales et fragiles, car peu partagées. Nous perdons de l’énergie à tout réinventer personnellement, par manque de confiance en ce qui vient d’ailleurs, ou par prétention à vouloir avancer seuls.

Pourtant, il existe une attente croissante de propositions faciles à mettre en œuvre, qui permettent à toutes les bonnes volontés et à tous les bénévoles de prendre leur part dans la mission. Ces propositions peuvent induire des pratiques nouvelles, à condition que soient accompagnés et formés les bénévoles qui acceptent cette mission. Je constate, par exemple, le bon accueil réservé à l’itinéraire diocésain de cheminement vers la première communion. Il permet à des communautés de donner toute leur place aux parents et de les accompagner dans la redécouverte de l’Eucharistie. Même s’il est évident que nous ne pouvons pas tout faire tout de suite, j’encourage les communautés à se mettre en route ensemble, en favorisant le travail pastoral entre tous les catholiques : Intervenants en Enseignement religieux (IER) et catéchistes paroissiaux, initiatives paroissiales et initiatives de mouvements, prêtres, diacres, ALP, mais aussi les bénévoles.

Je remarque que certains acteurs en différents domaines de la mission peuvent parfois être comme sur des rails. Ils travaillent et s’usent à la tâche, sans jamais se rencontrer pour partager les joies et les soucis de la mission, en se reposant sur un passé qui donne encore beaucoup de satisfactions. Si le pape François invite l’église à être un hôpital de campagne, j’invite notre église diocésaine à être un grand poste d’aiguillage où les rails se rencontrent et se croisent !

Nous connaissons les difficultés à passer à une dynamique plus large que « le clocher » pour faire travailler les communautés de paroisses dans une dynamique commune. La collaboration que je demande aux paroisses doit aussi se vivre dans les archiprêtrés et dans le diocèse ! J’invite donc d’abord les prêtres à promouvoir cette dynamique de collaboration !

Nécessité du ressourcement et de la formation pour l’annonce de la foi

Pour que la responsabilité de l’annonce de la foi soit partagée par le plus grand nombre, la formation et le ressourcement spirituels sont indispensables. C’est le sens des rencontres Ecclésia qui ont été vécues dans les communautés de paroisses et les archiprêtrés. Ces rencontres sont, hélas, aujourd’hui peu valorisées et peu fréquentées. Il nous faut prendre acte de leur disparition et trouver les moyens d’honorer les trois objectifs qu’elles se fixaient :

Je souhaite désormais que des temps de récollection soient proposés aux acteurs pastoraux et à ceux qui assument une responsabilité dans les archiprêtrés, les communautés de paroisses et les conseils de fabriques ! De tels temps sont indispensables pour se remettre face au Christ et à la mission que l’église nous confie. Le temps pascal peut être idéal pour relire nos missions à la lumière de la Parole de Dieu, qui nous est proposée par la liturgie de l’église. L’expérience heureuse du pèlerinage des catéchètes à Banneux, le 13 juin dernier, pour l’Année sainte de la Miséricorde, est une initiative à reproduire.

Il est indispensable de continuer à travailler le Projet Global de Catéchèse avec toutes les personnes qui assument une responsabilité dans l’annonce de la foi dans nos archiprêtrés. C’est la feuille de route qui oriente notre dynamisme missionnaire. Une journée annuelle de travail pourrait être organisée localement avec l’appui des services diocésains concernés.

Les rencontres Ecclésia souhaitaient également favoriser chez les personnes engagées l’expression personnelle de la foi et encourager une annonce explicite du Christ mort et ressuscité, en toutes occasions. Il serait dommage que les rencontres Ecclésia soient totalement abandonnées, car leur finalité est de favoriser l’expression personnelle de la foi.

DES PROPOSITIONS CONCRETES POUR L’EVANGELISATION

L’annonce de la foi ne se réduit pas à la catéchèse, qui n’est qu’un aspect de la mission d’évangélisation que le Christ confie à son église. Il nous faut, là encore, élargir notre regard et veiller à promouvoir, dans nos communautés chrétiennes, un dynamisme large. « Frères, priez, afin que la parole du Seigneur se répande rapidement et soit honorée » (2 Th 3,1).

Développer des lieux de prière

J’ai constaté que dans les communautés où une véritable proposition de prière est mise en place, le dynamisme pour la mission grandit. C’est dans la prière inspirée par l’Esprit saint et la rencontre intime avec le Christ que nous puisons l’audace pour l’annonce de l’évangile. Il est beau de voir, dans certains archiprêtrés, un accent fort mis sur la prière. Sans cette dimension essentielle, tout désir missionnaire est vain.

C’est en s’attachant au Christ dans la prière que les baptisés puisent la force d’annoncer l’évangile à leurs frères et se laissent renouveler eux-mêmes dans leur attachement au Seigneur.

C’est dans la prière que nous vivons la relation trinitaire. C’est dans la prière que grandit la communion dans l’église. C’est dans la prière que naît la confiance et la capacité à faire des choix audacieux. C’est dans la prière que nous discernons ce que le Seigneur attend de nous, ce qui est prioritaire, essentiel, vital.

Sans une vraie préoccupation de la prière et de l’attachement au Seigneur, l’évangélisation devient notre œuvre personnelle et non plus celle de Dieu lui-même.

Dans beaucoup de communautés, des groupes se retrouvent pour prier la liturgie des heures, se rassemblent pour l’adoration du Saint-Sacrement, pour la louange… La prière fait grandir une communauté ressourcée dans l’amitié avec le Christ et fait partager sa joie de le connaître et de l’aimer. Ainsi saint François de Sales rappelait qu’« il faut toujours préférer la prière communautaire à la dévotion personnelle ».

J’exprime le souhait que, dans l’année pastorale qui s’ouvre, un ou deux archiprêtrés proposent une école de prière, éclairés par l’expérience d’un diocèse où de telles initiatives existent déjà : nous devons plus que jamais aider toutes les générations à vivre ce trésor de l’église qu’est la prière.

Valoriser nos lieux de pèlerinages, nos fêtes patronales et la richesse du patrimoine religieux

Nous sommes riches de pèlerinages, de fêtes patronales et traditions locales qui sont de beaux moments où chacun peut exprimer sa foi, faire l’expérience d’une fraternité et d’une communion réelle. Ce sont de belles occasions d’évangélisation ! A nous d’être inventifs et de développer de nouveaux modes de proposition de la foi dans ces moments exceptionnels et souvent intergénérationnels. Il serait bon, partout où cela sera possible, de valoriser dans les archiprêtrés, un lieu de pèlerinage, ou bien une fête liturgique qui devienne un moment de rassemblement festif.  J’invite chaque communauté de paroisses à solenniser sa fête patronale.

Il est indispensable également d’ouvrir au maximum nos églises, veiller à la protection des œuvres, tout en permettant à tous de venir y prier. Ces lieux ouverts rendent accessible la richesse artistique (sculptures, vitraux, …) dont les églises s’embellissent et qui sont une véritable catéchèse. Je demande au service pour la pastorale du tourisme d’être au service des archiprêtrés pour mettre ces lieux en valeur et aux conseils de fabrique d’avoir le souci que nos lieux de prières soient ouverts et accueillants.

Permettre aux jeunes de prendre toute leur part à la vitalité de l’église

Le développement important des pèlerinages des jeunes à Lourdes et à Taizé est une grande joie pour l’église diocésaine. Ils participent à la vitalité des groupes de jeunes implantés localement. Des jeunes de retour de Lourdes ou des JMJ de Cracovie sont pleins d’énergie. Donnons-leur des responsabilités dans l’église en les laissant s’investir dans des projets locaux.

Ils ont besoin que nous les laissions prendre toute leur place en les soutenant et en les formant. Les sessions de formation du BAFA que je souhaitais voir naître ont commencé et porteront du fruit si nous osons appeler tous ceux qui souhaitent prendre leur part à l’animation de la jeunesse. Durant l’été 2017, le diocèse proposera des camps d’été pour permettre aux jeunes et aux adultes qui les accompagneront de grandir dans leur relation avec le Christ à travers une vie ludique et fraternelle.  Je remercie les conseils de fabrique qui soutiennent et soutiendront les initiatives à l’égard des enfants et des jeunes. Car s’il convient d’entretenir nos édifices religieux, il est nécessaire de soutenir la vitalité pastorale des communautés !

L’annonce de la foi et le service du frère

L’évangélisation n’est complète que si elle met notre existence en cohérence avec l’annonce du Christ mort et ressuscité.  Elle nous invite à vivre notre témoignage de chrétiens au cœur des réalités sociales dans lesquelles nous sommes insérés. Les mouvements demeurent à cet égard des lieux essentiels. Ainsi, j’invite les chrétiens engagés dans les mouvements et associations de fidèles au rassemblement prévu le 18 mars 2017 sur le thème de l’importance du témoignage au cœur du monde.

La Caritas Moselle a été créée il y a 110 ans, par Mgr Benzler, évêque de Metz, avant certains mouvements caritatifs d’aujourd’hui, pour répondre aux nouvelles pauvretés et précarités du début du XXe siècle. Dès les origines, la Caritas est consacrée au soutien des communautés et des paroisses soucieuses d’agir pour les personnes fragilisées de notre société et exprimer ainsi la sollicitude du Christ et de l’église. Je souhaite qu’en cette Année de la Miséricorde, nous renouvelions l’organisation et le fonctionnement de la Caritas Moselle.

Une rencontre festive sera organisée le 30 septembre 2016, à proximité de la fête de saint Vincent de Paul, pour fêter cet anniversaire. A cette occasion, nous retrouverons les intuitions fondatrices de Mgr Benzler. Je souhaite que la Caritas Moselle devienne un service diocésain qui soutienne l’engagement de nos paroisses, qui coordonne l’action des mouvements et qui lance un projet dans l’élan de Diaconia 2013 ; ainsi nous répondrons à la demande du pape François de garder mémoire de l’Année de la Miséricorde.

Le service du frère concerne également l’attention de nos communautés aux familles. Les journées de rentrée des 3 et 4 octobre seront consacrées aux enjeux de la pastorale familiale à travers la lecture de l’exhortation apostolique du pape François Amoris Laetitia. Ce sera l’occasion de réfléchir aux missions que nous souhaitons donner pour l’avenir au service de pastorale familiale.

CONSTATS POUR L’ORGANISATION FUTURE

Enfin, les visites pastorales nous ont permis de constater certains dysfonctionnements auxquels il nous faudra remédier dans les temps à venir.

Approfondir la collaboration entre prêtres, diacres, ALP, laïcs bénévoles

Nous devons approfondir la collaboration entre les acteurs pastoraux. Tous participent au dynamisme et à la mission de l’église : prêtres, diacres, animateurs laïcs en pastorale, laïcs engagés bénévolement dans leurs communautés. C’est pour mieux les encourager et les soutenir que le diocèse prévoit leur suivi et leur accompagnement.

Nous avons des conversions à vivre pour que la mission soit véritablement une œuvre commune. Certains ALP portent des pans entiers de la mission de l’annonce de la foi ; et pourtant, c’est toute l’église qui doit en avoir la préoccupation, tout spécialement les prêtres, qui ne peuvent se désintéresser de la mission de ceux qui leur sont envoyés comme collaborateurs.

A l’inverse, nous faisons peser une charge de plus en plus lourde sur les prêtres qui ont à exercer leur ministère sur des territoires de plus en plus vastes. J’entends la lassitude de certains et leur peu de disponibilité pour la mission, tant les tâches du ministère deviennent prenantes (funérailles, accompagnement de groupes multiples, …). Or, la proximité du témoignage de l’évangile repose sur tous les baptisés et non pas uniquement sur les ministres ordonnés. Nous devons apprendre à nous « entre-porter » dans la mission, selon la belle expression de saint François de Sales.

Souvent nous pensons pouvoir nous organiser seuls, mais, nous oublions de former les bénévoles qui partagent la mission avec nous. Nous ne pouvons pas nous contenter de les « embaucher » pour reproduire ce qui s’est fait avant eux. Encourager l’investissement de bénévoles, c’est accepter qu’ils se saisissent eux-mêmes des projets que nous leur confions.

En revanche, les missions des ALP sont situées au niveau de l’accompagnement et de la formation de tous les chrétiens qui prennent une part active à la mission de l’église. Enfin, les services diocésains sont un appui non négligeable pour la formation et le soutien au plus près des acteurs, à condition que les demandes locales soient clairement estimées et transmises.

Besoin de repenser le territoire en vue de la mission

Selon le nombre d’acteurs dont ils disposent et selon leur taille, le découpage de certains archiprêtrés ne semble plus toujours pertinent et peut rendre difficile le travail en commun. Certains territoires englobent par exemple des zones très urbaines et d’autres zones très rurales, qui nécessiteraient des approches pastorales différentes. Si le conseil presbytéral a déjà profilé la figure de l’archiprêtre, je souhaite le consulter ainsi que le conseil pastoral diocésain et la conférence des archiprêtres, afin de mieux adapter l’organisation territoriale des archiprêtrés en vue de favoriser des lieux de collaboration simple et des réalités territoriales plus naturelles pour les habitants. Nous devrons veiller ensemble à ce que l’organisation pratique ne prenne pas le pas sur la mission, mais au contraire la stimule.

Resituer les EAP dans une perspective missionnaire : servir, annoncer et célébrer

Chaque soirée de visite pastorale a été consacrée au travail avec les EAP de l’archiprêtré. L’EAP doit être le fer de lance de la mise en place de la pastorale sur une communauté de paroisses. Or, certaines équipes semblent démunies et peu informées des projets diocésains en cours.

Je constate qu’il existe un besoin urgent d’accompagnement et de formation des membres des EAP, afin qu’ils puissent prendre toutes leurs responsabilités. Une formation sera aussi proposée aux pasteurs pour favoriser leur travail en commun. Pour qu’une EAP partage pleinement la charge pastorale avec le curé, il est nécessaire que les responsabilités de ses membres s’articulent autour des trois grandes missions de l’église : célébrer, annoncer et servir.

Sans une telle organisation, les EAP risquent de n’être que des équipes de tâches pour aider leur curé, sans prendre le temps pour activer des initiatives pastorales.

Besoin de formation

Il est nécessaire de proposer une réorganisation globale de la formation initiale et continue des acteurs pastoraux dans le diocèse. De nombreux besoins, qui ne peuvent être pris séparément, sont exprimés : besoin de repenser le contenu et la forme de l’EDACE pour former les chrétiens engagés dans nos communautés (EAP, responsables de certains domaines de la pastorale, fabriciens, …), besoin de renouveler la formation du CAEPR pour la faire mieux coïncider avec les besoins de formations des séminaristes, des futurs diacres permanents et ALP, des membres de nos services diocésains, …  Un tel travail nécessitera la collaboration de tous les intervenants.

Comme nous manquons de temps de formation pour les acteurs pastoraux engagés dans la vie diocésaine, le conseil presbytéral a suggéré l’établissement de deux journées de rentrée pour la formation conjointe des prêtres, diacres et animateurs laïcs en pastorale. Cette année, elles sont fixées les 3 et 4 octobre 2016 sur le thème de l’exhortation apostolique du pape François Amoris Laetitia.

 Je souhaite également redynamiser dans le diocèse la lecture continue de la Parole de Dieu. Dans certains secteurs, la proposition a eu tendance à s’essouffler cette année. Pour les groupes qui ont terminé la lecture des Psaumes, une proposition de lecture du livre de Michée sera proposée pour entrer dans la nouvelle année liturgique. Nous prévoyons de lancer la lecture de l’évangile de saint Jean, de manière commune dans tout le diocèse, à l’automne 2017.

Les accompagnateurs constatent qu’il est parfois difficile à un groupe qui a déjà une grande expérience de lecture de la Parole de Dieu de parvenir à inclure des nouvelles personnes intéressées. C’est pourquoi, un groupe de travail prépare actuellement un parcours d’initiation à la lecture de la Parole de Dieu qui permettra de goûter, à plusieurs, à la joie de lire et de partager la Parole de Dieu comme du « bon pain ». Je souhaite remercier par avance toutes celles et ceux qui travaillent pour mettre à disposition ces outils.

Enfin, les visites pastorales confirment que le Carême à Domicile reste très fortement implanté dans le diocèse, et cela depuis des décennies. Le Carême à Domicile 2017 nous aidera à approfondir le mystère de l’église du Christ que nous formons. Nous avons toujours besoin de faire grandir la conscience de l’église et cette proposition y contribuera heureusement.

CONCLUSION

Je rends grâce à Dieu pour ces visites pastorales et les nombreuses rencontres que j’ai la joie de vivre avec vous. J’aborderai d’autres thèmes dans les visites pastorales des prochaines années. Mais étant donné que cette nouvelle manière d’effectuer ces visites ne permet pas de temps de rencontre avec les prêtres, mes premiers collaborateurs, je souhaite m’y consacrer pour cette année pastorale 2016-2017 : la visite pastorale sera consacrée aux prêtres. Ils recevront un courrier leur exposant les modalités pratiques.

Cela fera bientôt trois ans que je suis votre évêque. Vous le voyez, les occasions de remercier le Seigneur pour ce qu’il réalise à travers chacun d’entre vous sont nombreuses. Merci à vous tous !

Notre mission baptismale demeure que l’évangile soit annoncé et que l’église en Moselle continue d’assumer en ce temps la mission que le Christ lui confie et que son Esprit soutient. Laissons le Seigneur faire de nous, toujours plus, des disciples missionnaires envoyés dans le monde pour partager notre joie de connaître et d’aimer Jésus Christ et notre prochain.

En vous renouvelant ma confiance et mon estime, puissions-nous avancer au large avec confiance, soutenus par le souffle de l’Esprit et la prière de la Vierge Marie.

Metz, le 6 août 2016, en la fête de la Transfiguration du Seigneur

 + Jean-Christophe Lagleize, évêque de Metz

LETTRE PASTORALE-SEPTEMBRE 2016-